Le mardi 2 décembre 2025 à 12h, une cinquantaine de sportifs de bon et haut niveau ainsi que plusieurs responsables pédagogiques de l’université Bordeaux-Montaigne se sont réunis à l’occasion de l’événement « Au Niveau, Aux Défis ». Organisée par le Département des Activités Physiques et Sportives (DAPS), cette rencontre avait pour objectif de mettre en lumière des parcours inspirants, de renforcer les liens entre les étudiants sportifs de Haut Niveau (SHN) et les acteurs universitaires, et d’encourager les échanges, la reconnaissance et la coopération entre tous.

C’est dans ce cadre que Gwenaïg Le Vourc’h, étudiante en M2 à l’ISIC et athlète handisport de haut niveau sur 100 m et 200 m, a été invitée par Alice Le Méhauté, référente SHN, à présenter son parcours. Nous en avons également profité pour l’interroger plus longuement sur la manière dont elle vit son double projet et sur le message qu’elle souhaite transmettre.

Les défis d’un double projet : rigueur, organisation, adaptation

C’est à seulement 15 ans, alors en classe de troisième, que Gwenaïg quitte sa Bretagne pour rejoindre le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (CREPS) de Talence et poursuivre l’athlétisme en sport-études. Elle y reste jusqu’à la fin du lycée avant de rejoindre un groupe d’athlètes valides à l’US Talence, entraîné par Alain Lastécouères puis par Frédéric Demaneche depuis septembre 2023.

Sélectionnée à deux reprises sur 100m aux Jeux européens de la jeunesse (2019 et 2021, en Finlande), elle y décroche d’abord le bronze, puis l’or deux ans plus tard.

Ce parcours de haut niveau lui a appris une rigueur de travail remarquable, une organisation millimétrée et une grande capacité d’adaptation pour concilier entraînements, compétitions et études.

« Ce n’est pas facile tous les jours, il faut faire preuve d’une grande rigueur et organisation. »

Gwenaïg souligne également l’importance du soutien universitaire et pédagogique pour aborder sereinement ce double projet et se rendre à l’entraînement chaque jour avec confiance.

Le sport comme modèle d’intégration

Malvoyante de naissance, Gwenaïg s’entraîne avec des athlètes valides et suit ses études comme n’importe quelle étudiante. La sensibilisation au handicap fait partie de ses priorités. Depuis l’automne 2023, elle est sponsorisée par le syndicat SNITEM dans le cadre des Jeux de Paris, ce qui l’amène à intervenir en entreprise autour du projet “sport et handicap” afin de témoigner de son parcours.

« Le sport gomme les différences : mon handicap est pris en compte, mais ce n’est en aucun cas un facteur de mise à l’écart. »

Elle insiste également sur la valeur du collectif et l’importance d’évoluer dans un groupe où elle se sent pleinement athlète, entourée, soutenue, sans jamais être réduite à son handicap.

« Je ne réussirais pas autant mes études sans le sport, en pouvant m’aérer l’esprit chaque soir après les cours comme je le fais. »

Gwenaïg a conclu en rappelant que, malgré les défis, la gestion du double projet n’est pas une contrainte lorsqu’elle est portée par la passion et soutenue par un entourage bienveillant.

 

Propos réaccueillis par  Aurore Avezou
M1 ; Promo 2027