Une rentrée engagée mais contrariée !
Billet d’humeur, par Timothé Le Fèvre – M1 ; promo 2028
Soutenir la mobilisation, oui. Mais comment continuer à apprendre quand l’université est bloquée ? À Bordeaux Montaigne, les étudiants du master Communication des organisations vivent une rentrée pour le moins atypique. Entre solidarité, inquiétudes et difficultés d’organisation, M1 et M2 tentent de trouver leur équilibre. Deux promotions, une même contradiction.
Une fois n’est pas coutume, l’Université Bordeaux Montaigne fait face à une situation de blocus, en soutien aux récentes mobilisations lycéennes. Alors qu’un grand nombre d’étudiants soutiennent ce rassemblement et ses revendications, la question de la bonne tenue des cours se pose malgré tout. Rentrés depuis seulement un mois pour certains, les étudiants vivent un début d’année plutôt atypique. Focus sur le master Communication des organisations, où M1 et M2 tentent de s’adapter à cette situation.
M1 : une rentrée à peine commencée, déjà interrompue
Chez les étudiants de première année, cette rentrée peut s’avérer assez perturbante. Les enseignants ont été clairs dès les premiers jours : la charge de travail allait être supérieure à celle connue en licence (mémoires, stages, projets tutorés…), et les notations seraient peut-être un peu plus sévères également… Et voilà qu’au bout de deux semaines et demie, tout le monde se retrouve à la maison.
Certains expriment des difficultés : « On a toujours un peu plus de mal à apprendre depuis chez soi, avec ou sans visios, qu’en classe avec le prof, c’est sûr. »
D’autres sont plus nuancés : « Oui, j’aimerais qu’on ait plus de visios, et la motivation n’est pas au top, mais je suis d’accord avec les revendications et les méthodes, donc je me dis que c’est pour la bonne cause. »
C’est donc la nuance qui règne : oui au blocus, mais des interrogations sur les moyens mis en œuvre pour continuer à apprendre sereinement. Une contradiction qui résume assez bien cette rentrée.
M2 : du temps gagné, mais des repères perdus
On retrouve un sentiment similaire chez les M2. Certes, ils savent un peu mieux que les M1 à quelle sauce ils vont être mangés, mais il n’en reste pas moins que cette situation est singulière.
On y trouve parfois du bon : un temps libre accru permet de se concentrer sur la recherche de stage, d’avoir les professionnels directement au téléphone dans la journée (ce qui peut s’avérer plus complexe lors d’une journée d’université bien remplie) ou encore d’avancer sur le mémoire.
Mais parallèlement, certains ressentent un peu d’incompréhension : « On a dû avoir une seule ou deux visios depuis le début du blocage. »
Ainsi revient une critique sur l’organisation générale : ce temps libre n’est pas exploité à 100 %. Peu de visios, peu d’accompagnement sur le mémoire… Pour ceux qui ont besoin de travailler, l’organisation n’est pas des plus évidentes non plus, faute de savoir quand les choses reprendront normalement, ni si des cours à distance seront organisés.
Une rentrée bel et bien atypique pour nos étudiants de deuxième année. Car avoir davantage de temps ne signifie pas nécessairement disposer de meilleures conditions pour travailler.
Et les enseignants dans tout ça ?
Nous avons parlé des étudiants, mais il est bon de rappeler que nos professeurs sont eux aussi touchés par la situation et qu’ils préféreraient assurer leurs cours normalement, dans de bonnes conditions.
Ils sont certes plus habitués aux blocus que nos étudiants de master, mais cette mobilisation semble prendre davantage de place et de temps que les autres années. Pour eux aussi, l’organisation est chamboulée !
Soutenir le mouvement sans renoncer à apprendre
Finalement, la critique commune aux deux promotions concerne surtout l’organisation des cours pendant cette période de mobilisation. Beaucoup aimeraient avoir accès à davantage de ressources pour poursuivre efficacement leurs apprentissages depuis chez eux.
Ceci étant dit, les étudiants interrogés soutiennent majoritairement les revendications portées par leurs pairs et considèrent que cette situation, bien qu’atypique, est nécessaire.
Toute la contradiction est là : comment défendre de meilleures conditions d’apprentissage lorsque la mobilisation vient elle-même perturber les études ?
Vivement que les personnes qui manifestent soient entendues, pour que la vie puisse reprendre son cours (et les étudiants leurs cours !) dans un climat normal, plus apaisé.
