First Link : Monter son agence en sortant de l’ISIC

Deux anciens étudiants du master Communication des Organisations ont monté leur agence en audit de données en communication dès leur sortie du master en 2015. Passer du statut d’étudiants à celui de chefs d’entreprise en quelques mois, voici le défi qu’ont relevé Nataniel Bahs et Kellie Debien. Une histoire inspirante, démontrant qu’à force de travail et d’envie, les projets se concrétisent. Quelles sont les raisons et les motivations qui les ont poussé dans ce projet ? Comment le master Communication des Organisations prépare-t-il à la vie professionnelle et surtout à la gestion d’une entreprise ? Réponses avec les deux protagonistes. 

Kellie Debien (à gauche) et Nataniel Bahs (à droite) - Co-fondateurs de First Link

Nataniel Bahs et Kellie Debien, les deux fondateurs de First Link dans les locaux de leur agence @FirstLink

Comment vous êtes-vous rencontrés, et comment cette rencontre a amené à votre projet en commun ?

Kellie : Nous nous sommes tout d’abord rencontrés au lycée, et nous avions déjà le même projet professionnel. On parlait de créer quelque chose, mais le domaine n’était pas vraiment défini. Par la suite nous avons postulé à la même licence ISIC « Information et Communication » à Bordeaux Montaigne. Puis on a choisi le master aujourd’hui appelé « Consulting et Expertise » parce qu’il correspondait à notre projet professionnel. Notre projet d’entreprise s’est élaboré en première et deuxième années de master notamment grâce à nos professeurs qui nous ont bien accompagnés (Nadège Soubiale et Amar Lakel notamment). 

Nataniel : Nous avions été pris dans des écoles mais la dimension universitaire de la licence ISIC nous avait bien plu. En dernière année, après avoir passé deux ans à apprendre les fondamentaux de la communication, on a commencé à se poser des questions sur les choix des masters. 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer directement une entreprise à la sortie du master ?

Kellie : Personnellement, c’était vraiment le fait d’être libre sur ce que j’avais envie de faire. Mais on s’est questionné pour savoir si c’était une bonne idée ou pas. J’avais aussi envie de me lancer dans l’entrepreneuriat, c’était le moment ou jamais. On avait déjà l’expérience de nos stages, et des jobs qu’on avait eu en parallèle des études (on a notamment suivi un consultant formateur pendant 5 ans, durant la licence et le master). En deuxième année de master, on suivait les cours et on travaillait pour des entreprises en commençant à créer la nôtre. C’était une double vie entre nos cours et nos jobs mais c’est ce qui nous a permis de nous lancer très tôt. On a voulu tenter l’expérience, et si le projet ne marchait pas on aurait dans tous les cas un diplôme. Finalement ça fait 4 ans et demi que ça dur, donc c’était le bon choix! 

Nataniel : Pour ma part j’ai dû me débrouiller seul tôt dans la vie, j’ai également fait du rugby à haut niveau donc j’aime bien le challenge. Et puis au final, ça a bien “matchée”, on avait la même vision et ça nous a tous les deux rassuré et motivé dans notre choix de création d’entreprise. Deux personnes qui ont le même projet, la même envie, au même moment, dans la même ville… C’est de la chance.

Concernant votre formation, qu’est-ce que l’ISIC vous a apporté ? Comment le master vous a préparé au projet de créer votre agence ?

Kellie : Ce qui fait notre expertise aujourd’hui c’est l’université qui nous l’a appris. A l’époque, il y avait du monde qui se plaignait de la théorie mais on se rend compte par la suite que c’est ce qui fait la différence dans le monde de l’emploi. Le master nous apporte la partie réflexion, analyse, prise de recul, capacité à justifier ses choix.  Quand on se retrouve en entreprise en sortant des études, il faut être capable de se justifier, d’avoir des bases solides. Après il y a quand même quelques éléments qui nous ont manqué, notamment des cours d’entrepreneuriat et de gestion. 

Nataniel : Dernièrement, on animait une formation, et on apportait de la théorie, des modèles de communication classique. Notre base d’apprentissage a permis de légitimer nos propos. Il manque peut être un pont entre la théorie et la réalité. La théorie est intéressante mais on a envie de l’appliquer tout de suite. Pour gérer notre entreprise, on a eu la chance d’avoir des parrains et des proches qui nous ont accompagnés. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes qui veulent créer leur boîte, c’est : soyez accompagnés, ne partez pas seuls. 

Est-ce que les stages que vous avez réalisés en M1 et M2 vous ont aidé pour votre projet professionnel ou même aiguillé par rapport à l’entreprise ?

Kellie : Mon premier stage c’était dans une start-up numérique, avec des anciens élèves de l’ISIC qui avaient créé eux aussi leur entreprise, donc ça m’a vraiment plu et ouvert les yeux sur ce que j’avais envie de faire. Puis mon maître de stage de l’époque m’a énormément aidé sur la création de mon entreprise. Le deuxième stage que j’ai fait c’était à la chambre des métiers de l’artisanat, et cela m’a conforté dans l’idée que je ne voulais absolument pas faire ça. Je n’avais pas encore travaillé dans le secteur de la fonction publique. Avoir une vie de bureau ça n’était pas pour moi.

Nataniel : En M1 j’ai fais mon stage à l’Alliance française. En fait j’étais le seul à avoir les compétences en communication, j’ai donc tout fait tout seul et notamment le site web. C’était très intéressant. Ma deuxième année de master c’était à la CCI de Bordeaux au pôle numérique, j’ai pu travailler sur une étude en agroalimentaire, c’était assez complexe. Mon maître de stage m’a offert l’opportunité d’apporter du savoir qu’on avait vu en cours, c’était un vrai duo de travail. Je me suis rendu compte qu’il y avait des besoins énormes dans le numérique et que j’avais la fibre pour le conseil. 

Quels sont les obstacles que vous avez rencontrés ? Qu’est ce qui a été le plus difficile concernant la réalisation de ce projet ?

Kellie : La création d’une entreprise est très compliquée, notamment à cause du côté administratif, énormément de démarche à faire, c’est très long. Il ne faut pas compter ses heures, il faut se donner à 100%. 

Nataniel : Il faudrait arriver dans le monde professionnel et savoir se vendre, pas simplement savoir vendre un produit. L’important au-delà de vendre une expertise, c’est de répondre à un besoin, et ça on l’a appris un peu plus tard. L’idée que l’on peut créer une entreprise avec un euro est fausse, parce que derrière il y a plein de chose à faire et à payer. Par contre voilà le conseil qu’on peut donner : n’attendez pas la fin des études, ne soyez pas passif. Il faut s’intéresser, être très curieux, faire du réseau, ne pas avoir peur. 

 

Aujourd’hui First Link a développé un portefeuille de clients en Angleterre. Depuis fin 2018, ils ont une structure et des salariés sur place. 

Depuis trois ans les étudiants des Masters Communication des Organisations ont des cours en « Entrepreneuriat et création d’entreprise ». Cette formation de 20h se fait sous forme de séminaires et permet l’obtention d’une « certification entreprenariat » délivrée par l’université Bordeaux Montaigne. 

→ Voir le cours

→ Voir le témoignage des étudiants sur la « certification entreprenariat » 

 

Marie Chappaz, Première année de Master Stratégie et Politique de Communication
Emilie Sadeyen, Première année de Master Consulting et Expertise en Communication