Stages en master : l’expérience qui rend plus fort

Après leur première année d’étude, les étudiants de deuxième année des Masters Communication des Organisations passent peu de temps sur les bancs de l’Université. Immergés dans le monde du travail, ils poursuivent leur apprentissage durant un stage de 6 mois dans l’organisation de leur choix. Confrontés alors à des cas pratiques, des missions variées et parfois complexes, ils ressortent plus forts et grandis de cette expérience. Certains décrochent même, grâce au stage, leur premier emploi. Souvenirs et témoignages de M2 sortants.

Deux stages chez un annonceur

Les étudiants de la promotion 2016-2018 ont choisi de réaliser des stages très différents, que ce soit en agence ou chez un annonceur public ou privé.

Juliette Baumann, étudiante en Stratégie et politique de communication, a réalisé ses deux stages (M1 et M2) à la Région Nouvelle-Aquitaine. “Lors de mon premier stage, j’ai pu me former et ainsi être beaucoup plus autonome en M2. Rattachée au service marketing territorial et communication, je faisais partie du pôle événementiel.” Sa motivation principale : son attirance pour l’événementiel et la gestion de projet qui impliquent des missions variées et beaucoup de dynamisme. “Lors de ma recherche de stage, je n’avais qu’un seul critère : ne pas postuler en agence” poursuit-elle. Après beaucoup de candidatures sans réponse et 4 entretiens, Juliette a postulé à cette offre, diffusée par une ancienne de l’ISIC qui avait effectué son stage à la Région. Lors de son entretien, elle avait eu un très bon feeling avec la chargée de recrutement et la structure. Sa principale inquiétude était “de ne pas savoir faire”.

 

De son côté, Quentin Faure, étudiant en Consulting et expertise en communication, a fait son premier stage, à Paris dans un cabinet de conseil (Antidox), en tant que consultant junior. Comme il l’exprime, sa recherche de stage était donc déjà orientée : “vu que j’avais fait mon premier stage en agence, j’espérais faire mon stage chez l’annonceur pour avoir une vision plus globale et rentrer directement dans le monde du travail en sachant plus ou moins ce que je voulais faire.” Après 9 entretiens et quelques réponses négatives, il a “trouvé le stage grâce à une étude de cas du Master” réalisée par les M2. En effet, cette étude consistait à mener des interviews de directeurs de communication dans le cadre de l’Observatoire des métiers de l’Apacom. En réalisant ces entretiens, il a obtenu le contact de la directrice de communication de Suez, Natacha Grondin-Casel. Contacté pour un entretien, “il y avait un vrai feeling qui était passé” entre elle et lui :  Elle m’a vraiment présenté ce pourquoi ils prenaient un stagiaire, ce n’était pas un poste renouvelé tous les ans, c’était un poste créé parce qu’il y avait des missions qui s’étaient ajoutées.”

La réussite du stage passe par l’adaptation au fonctionnement de l’entreprise

Intégrer une grande institution comme Suez ou la Région Aquitaine n’est pas un jeu d’enfant. Comme le dit Quentin, “le premier enjeu était de saisir l’histoire de l’entreprise et tout l’environnement qu’il y autour”. En effet, l’entreprise vend ses services aux collectivités locales et Quentin explique que cela “implique que la communication est différente et que les interlocuteurs sont plus difficiles à appréhender”, notamment du fait que la relation s’établit dans un écosystème très diversifié : “Ce qui est super intéressant dans notre métier, c’est que tu arrives quelque part, tout est éloigné de ton cercle de confort, et tu dois apprendre des choses pour communiquer efficacement dessus”.

Quand Juliette a commencé, la première chose qui l’a interpellée est le fonctionnement de la Région. Elle explique que “les services et les interlocuteurs étant nombreux, je ne savais pas forcément à qui m’adresser pour quelle demande”. Elle a également dû faire face à certaines notions qu’elle n’avait pas vues en cours, comme les marchés publics, et a dû faire preuve d’autonomie assez rapidement en gérant des dossiers par elle-même.

Des missions et des responsabilités

Quentin explique qu’il a été embauché pour “développer un support de communication pour communiquer auprès des collectivités locales sur les solutions que Suez met à disposition pour l’attractivité des villes (concernant l’environnement et la gestion des flux touristiques”. Pour réaliser cette mission, il a dû réaliser un travail de recherche d’informations qu’il a notamment trouvé en réalisant des entretiens avec des commerciaux. Il évoque aussi qu’il a rapidement eu des responsabilités : “j’arrivais en tant que stagiaire de M2, et je devais faire des réunions, où autour de moi, il y avait : directeur commercial, directeur de développement de Suez… dès mes premiers jours. C’était assez intéressant de ce point de vue-là, d’être directement mis dans le bain et d’avoir des responsabilités”. Ce gage de confiance lui a permis d’être pleinement intégré dans le stage et de pouvoir faire ses propres choix en accord avec sa tutrice afin de réaliser sa mission.

De son côté, Juliette, travaillait sur les conceptions de stands pour la Région (événements, forums, manifestations) : “En M1, j’ai dû m’atteler au montage d’une exposition institutionnelle, La Foire de Bordeaux. Le but, par exemple, était de construire de grands modules sur roulettes pour présenter toutes les actions de la Région (divisées en 4 piliers). Il s’agissait de les présenter sous une forme à la fois ludique et pédagogique et accessible à tous”. Ses collègues qui connaissaient sa manière de travailler lui ont permis d’être en quasi totale autonomie en deuxième année et de gagner en d’expérience. “En M2, j’ai géré toute l’organisation des meilleurs apprentis de France, événement qui se déroule chaque année dans le hall de la Région. Concrètement, il y avait des aspects de mise en scène (les jeunes médaillés viennent chaque année, leurs œuvres sont exposées dans le hall), communicationnel, logistique (cocktail, invitations…). J’ai également réalisé des conceptions de stands, notamment sur l’espace Région du Festival des Lycées, au Parc Palmer de Cenon.”

Un stage pour développer ses compétences…

Durant leurs stages, Quentin et Juliette ont pu, tous les deux, mettre en avant leurs acquis théoriques. Quentin a été amené à utiliser les connaissances qu’il avait pu acquérir grâce à la spécialité audit. Après quelques interviews de responsables commerciaux et en se basant sur sa grille d’analyse, il a pu faire ses recommandations en réunion : “Contrairement à beaucoup de décisions qui sont prises par le service communication, où les gens ne sont pas forcément convaincus. Là tu arrives à la réunion, tu as un audit derrière toi. Et quand tu veux valoriser tes recommandations, tu t’appuies sur des faits et c’est les gens qui sont à la réunion qui te les ont donnés. Tu es beaucoup plus serein et tu as des billes pour argumenter tous tes choix. Ça, ça fait vraiment la différence !” Résultat : son idée a été validée.

Même si Juliette a mis en pratique ses cours de gestion de projet, selon elle, “on apprend directement en faisant les choses, sans forcément se dire que l’on va appliquer tel acquis théorique de telle manière”. Quentin admet d’ailleurs qu’il a “appris beaucoup plus” que ce qu’il pensait apprendre. De son côté, Juliette est ravie d’avoir acquis des compétences dans la gestion des marchés publics et d’avoir développé ses aptitudes en gestion de projet. Elle affirme “avoir appris à mieux s’organiser et à gérer les priorités et les urgences”.

… et élargir son réseau

Mais selon Quentin “le plus intéressant, c’est d’arriver dans un écosystème totalement inconnu et de devoir appréhender toutes ces choses là extrêmement vite, pour pouvoir être le plus pertinent possible dans tout ce que l’on fait dans la stratégie mais aussi dans tout ce que l’on écrit”. Grâce à son stage à Suez, Quentin a été sensibilisé au développement durable et aux relations avec les acteurs d’intérêts généraux. Une ouverture sur d’autres horizons qui lui ont permis d’élargir sa recherche d’emploi.

Pour Juliette, les stages ont été révélateurs de sa personnalité : “le cadre de travail joue beaucoup sur notre motivation. J’entretenais de bonnes relations avec mes collègues et j’étais contente d’aller travailler”.

Juliette et Quentin s’accordent tous les deux à dire que les stages sont essentiels pour faire grandir son réseau et faciliter la recherche d’un emploi dans les années à venir. Juliette est rassurée de l’orientation qu’elle a prise ce qui représente, selon elle, “un poids en moins après 5 ans d’études”. Pour Quentin, “le fait d’être lâché comme ça dans la fosse aux lions, si l’on peut dire, dans une réunion avec la direction” et de s’en sortir très bien”, lui a donné “de la confiance et de l’élan pour le futur”.

Quid 6 mois après ?

En février 2019, Juliette et Quentin ont tous les deux trouvé un emploi. Aujourd’hui, Juliette travaille à Bordeaux, dans l’entreprise La Conciergerie Solidaire. Elle y fait de la gestion de projet et de la coordination de projet, et non plus de l’événementiel. À long terme, elle aimerait “revenir à l’événementiel, et notamment travailler pour une salle de concert ou de spectacle, par exemple. La gestion de projet me plaît beaucoup, mais j’aimerais mêler l’événementiel à tout cela, sans forcément faire de la communication événementielle mais en mettant en avant le côté pratique”.

Après 7 mois de recherche, Quentin a signé un CDD de 6 mois à la Mission Locale des Hauts de Garonne. La proximité qu’il a eue avec les acteurs publics et semi publics pendant son stage chez Suez a certainement fait que sa candidature a plus pesé dans la balance que d’autres. Aujourd’hui seul en charge de la communication, il va pouvoir réaliser, dans les mois à venir, “un audit et un diagnostic, puis définir une stratégie qui va lui permettre de mettre en place les outils adéquats pour la Mission Locale”.

Cyndie Cazeaux-Corp et Julie Vaurs, étudiantes en M1 Stratégie et politique de Communication