Entrepreneuriat et travail indépendant : engouement éphémère ou mouvement de fond ?

Qu’est-ce que les Rencontres AGIPI ?

Nous avons eu la chance de participer à un évènement organisé par les Rencontres AGIPI le 22 janvier 2019 à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux.

Ces rencontres se réunissent dans six villes françaises en 2018 et 2019. Des responsables politiques, des personnalités issues de la nouvelle économie et des entrepreneurs engagés viennent s’exprimer sur les grandes mutations de notre société et les nouveaux enjeux de l’entrepreneuriat. AGIPI est présente depuis plus de 40 ans aux côtés des indépendants et des entrepreneurs et compte aujourd’hui 556 000 adhérents et 719 000 adhésions.

En 2018, 691 000 nouvelles entreprises ont émergé en France dont 58 000 en Nouvelle-Aquitaine. Le prix Génération Entrepreneurs Prix AGIPI pour un monde durable est alors créé dans plusieurs villes, afin de valoriser l’entrepreneuriat. Sachant qu’en France, 10 à 12% de personnes sont entrepreneurs, le président d’AGIPI, François Pierson, soulève une question pertinente : « Entrepreneuriat et travail indépendant : engouement éphémère ou mouvement de fond ? »

Un débat enrichissant

Trois personnes étaient invitées à s’exprimer sur cette question ouverte : Frédéric Bardeau, président et co-fondateur de Simplon, un réseau de fabriques numériques inclusives ; Sophie Engster, co-fondatrice et directrice générale de Chamberlan, bottier sur-mesure 2.0 ; et le philosophe et président du Think Tank GénérationLibre, Gaspard Koenig.

Une journaliste de BFM Business entame le débat en interrogeant les trois personnes : « Qu’est-ce qui motive aujourd’hui la nouvelle génération d’entrepreneurs ? ». Pour F. Bardeau, d’ici quelques années, 50% de la population française pourrait devenir entrepreneur. Il explique que le numérique est à son apogée aujourd’hui, et on le retrouve beaucoup dans les start-ups. Selon lui, l’entrepreneuriat est vu comme un remède pour certains, et un poison pour d’autres : « c’est un pharmakon. Être entrepreneur, c’est savoir tout faire. Il faut avoir l’idée qui n’existe pas, innover tout le temps. Cela relève de la complexité et de la prise de risques. » C’est pourquoi l’important est de favoriser les rencontres qui pourront possiblement amener à un réel projet.

Selon le philosophe G. Koenig, l’entrepreneur ne va pas tout perdre, c’est le capitaliste qui mise. Pour lui, l’entrepreneuriat n’est pas nouveau, cependant l’économie précédente n’en avait pas besoin à la différence d’aujourd’hui. F. Bardeau considère que la nouvelle génération d’entrepreneurs favorise les interactions entre individus : « Rien n’est individuel, tout est social. Il n’y a qu’une intelligence collective. »

Sophie Engster approuve les propos de F. Bardeau, car pour elle la nouvelle génération des « millenials » est différente avec le numérique, il y a un changement du capitalisme. Il faut impliquer cette nouvelle génération en les laissant s’exprimer, faire grandir leurs idées.

F. Bardeau et S. Engster rejoignent sur cette idée : « pour être entrepreneur il faut avoir des compétences métiers, avoir des idées qui n’existent pas sur le marché actuel et savoir gérer tout ce qu’il y a autour. » L’entrepreneuriat fait faire de bonnes rencontres.

Frédéric Bardeau conclut en expliquant que la prochaine vague d’entrepreneurs sera différente de celle d’aujourd’hui. Il y a une quête de sens constante actuellement. « Le capitalisme ne va plus être numéro 1 dans les choix, les actions. La nouvelle génération sera plus impliquée, et sera amenée à donner davantage son opinion. »

Lauréat du prix « Génération Entrepreneurs Prix AGIPI pour un monde durable »

Les Rencontres AGIPI, c’est aussi la présentation de nouvelles start-ups dans le cadre de l’appel à projets Génération Entrepreneurs, Prix AGIPI pour un monde durable.

Nous avons assisté à la présentation en 3 minutes des quatre start-ups finalistes de ce prix, dans le domaine du développement durable et de l’innovation :

  • La start-up Circouleur de Maïlys Grau consiste à recycler les litres de peinture acrylique incinérés chaque année en France. Le but est de les récupérer, les recycler et les commercialiser neuves avec 70% de matières recyclées, fabriquées à partir des restes des consommateurs.
  • La start-up Smices de Clément Labiche développe une application Smartphone pour quantifier avec précision la stéatose d’un foie afin de permettre une greffe de foie.
  • Maxime Agulhon et Anthony Jubien pour Hestiam, concept créé afin de minimiser les accidents du travail en développant un objet connecté et autonome porté par le travailleur qui transmet des alertes préventives.
  • Sébastien Leflond, dans sa start-up Vracoop, développe et commercialise des solutions pour faciliter la vente de produits en vrac afin de réduire les déchets et de promouvoir une meilleure alimentation.

Après le vote du public, le Président d’AGIPI a annoncé la lauréate : c’est Maïlys Grau avec Circouleur qui a remporté un chèque de 10 000€ ainsi qu’un contrat d’assurance et une levée de fonds pour sa start-up.

Pour finir la soirée, nous avons été invités à profiter du cocktail proposé afin d’échanger sur les différentes start-ups présentes. Un événement réellement enrichissant sur l’entrepreneuriat et le travail indépendant, qui nous a montré que la communication dans les start-ups est essentielle. Chacun a ses compétences propres, et le fait de favoriser les interactions et de travailler ensemble permet d’aboutir à un projet commun.

Sacha Bodin, Clara Hermand, étudiantes en Consulting et expertise en communication
Pauline Lasmènes, étudiante en Stratégie et politique de communication