Toutes les clés pour lancer son entreprise après l’ISIC

Franchir le cap et lancer son entreprise… Plus facile à dire qu’à faire. Dans un sondage soumis aux étudiants de master en Stratégie et Politique (SP) et Consulting et Expertise (CE)  en communication, 39,1% des interrogés se sont dit prêts à vouloir créer leur entreprise. Par où commencer ? Qui contacter ? Quels ouvrages consulter ? En master, difficile de trouver du temps à consacrer à d’interminables recherches lorsque l’on veut monter sa boîte. C’est pourquoi la direction de l’orientation, des stages et de l’insertion professionnelle (DOSIP)   a mis en place un certain nombre d’outils pour faciliter la création entrepreneuriale.

 

Etudiante qui cherche sur son ordinateur une certification de sensibilisation à l'entrepreneuriat pour obtenir une attestation de compétences

L’Université Bordeaux Montaigne propose une certification “sensibilisation à l’entrepreneuriat” délivrant une attestation de compétences. ⓒ Agathe Salat

 

Des conseils avisés pour devenir son propre patron

Parmi l’ensemble des dispositifs mis en place par la DOSIP, la certification « sensibilisation à l’entrepreneuriat »   est la plus qualifiante. Les étudiants peuvent s’initier à la création d’entreprise tout en bénéficiant de conseils et d’une évaluation du potentiel de leur projet. “Elle fait partie d’un ensemble de certifications accessibles pour chaque étudiant du campus”, explique Valentine Deudon-Guercy, chargée de l’entrepreneuriat à la DOSIP. Cette formation aide avant tout les novices en la matière à acquérir les fondamentaux en communication. Adapter son offre en fonction d’une clientèle particulière, anticiper les actions de la concurrence, penser à la communication et au budget… Les débutants en ressortent grandis, maîtres de l’ensemble des outils pour se lancer en tant que jeunes entrepreneurs. 

Tous les ans, les étudiants peuvent s’y inscrire dès septembre. Cette année, en raison de la situation sanitaire, une seule session sera organisée au mois de février. “La jauge est complète pour l’instant. Les étudiants intéressés peuvent tout de même se manifester auprès de la DOSIP et seront ajoutés à la liste d’attente”, poursuit l’ex-étudiante qui a pris ses fonctions il y a quatre mois. Malgré la crise du Covid-19, un deuxième rendez-vous pourrait voir le jour “au printemps ou pendant les vacances de Pâques” mais Valentine Deudon-Guercy reste prudente : “On ne sait pas si ça pourra se faire. Les intéressés peuvent quand même se faire connaître en attendant les prochaines inscriptions.”

Proposée par l’Université Bordeaux Montaigne (UBM), la certification se déroule en 20 heures et est dispensée durant trois jours. “On nous a divisés en deux groupes : d’un côté ceux qui avaient déjà un projet d’entreprise et de l’autre ceux qui n’en avaient pas encore, détaille Mayssane Hassan, étudiante en master Stratégie et Politique de communication.“Le premier jour, nous [NDLR : les personnes sans projet] avons participé à des ateliers de connaissance de soi dans le but de nous faire croire en notre potentiel.” Une intervention qui semble nécessaire puisque 30,4% des personnes sondées ont avoué être prêtes à se lancer dans l’entrepreneuriat mais “pas avant longtemps”. L’initiative a trouvé écho auprès de celle qui nourrit l’ambitieux dessein de travailler dans la communication digitale : “Le but était de nous faire prendre conscience de ce qui nous tenait à cœur afin de faire naître en nous des idées pouvant être concrétisées.” 

En plus des ateliers permettant aux étudiants de croire à leurs ambitieuses idées, la certification leur propose d’acquérir un savoir élémentaire. Durant trois jours, les entrepreneurs en devenir font évoluer leur conception de l’entreprise et construisent la présentation de leur projet personnel en élaborant une étude de marché de business model, qui détermine comment l’entreprise pourra générer des gains.

Accessible aux débutants souhaitant se lancer, l’un des atouts de la certification réside dans le fait que les étudiants peuvent évoluer à leur rythme. À cette époque, j’étais étudiante en deuxième année de licence en langues étrangères appliquées (LEA) Anglais-Arabe et je désirais acquérir de nouvelles compétences”, explique la néo-Isicienne avant d’ajouter : “J’avais déjà l’intention de créer mon entreprise dès la fin de mes études, bien que je n’avais pas encore d’idée précise. Si je me suis inscrite à cette formation, c’était surtout pour comprendre ce que représente l’entrepreneuriat.

Attestation en poche, Mayssane n’a pas perdu l’envie de créer sa propre entreprise et elle estime que la certification lui a apporté des outils indispensables. “Les notions entrepreneuriales abordées pendant la certification sont utiles. Additionnées à l’enseignement en stratégie de communication proposé par mon master, je peux devenir ma propre communicante et ma propre patronne : c’est un vrai ‘plus’”, détaille la major de promotion de ses trois années de licence. Si la formation est courte, elle n’est pas moins qualifiante. “Le diplôme a une valeur universitaire. Il est reconnu et agréé. La certification peut être présentée sur un CV et témoigne des compétences acquises au cours de la formation”, avance la chargée de l’entrepreneuriat de la DOSIP. 

Pour les étudiants qui réussissent la certification, Valentine Deudon-Guercy et la DOSIP assurent le suivi de leur projet, les aidant à s’orienter vers ce qui leur est proposé. La structure les accompagne également dans leurs démarches de candidature au Statut National d’Étudiant-Entrepreneur (SNEE)  délivré par l’État. Avec trois sessions du concours organisées en octobre, en janvier et en juin, le SNEE a pour but d’accélérer le lancement de projets entrepreneuriaux réalistes et de booster les recherches de financement des étudiants. Beaucoup n’osent pas se lancer par peur de ne pas être assez novateurs”, déplore Valentine. Si sur le site gouvernemental il est mentionné que les idées soumises doivent être “innovantes”, la spécialiste de l’entrepreneuriat se veut rassurante : “Ce critère n’est pas éliminatoire. Chaque projet, s’il est bien construit et argumenté, est susceptible d’être sélectionné par le jury.” Après avoir obtenu le SNEE, l’étudiant entre dans une phase d’accompagnement individuel pour l’aider à développer son projet. “Il faut qu’il ait suffisamment de temps libre à y consacrer, sans que son entreprise empiète sur ses études.”

À l’Université Bordeaux Montaigne, un séminaire entrepreneurial est également proposé dans le cadre de la formation initiale de certains cursus, dont une licence professionnelle et deux masters de l’ISIC. Cette année, une dizaine d’étudiants issus des masters 2 Stratégie et Politique de communication et Consulting et Expertise en communication y ont participé. “J’anime désormais le séminaire. Douze jeunes se sont portés volontaires et ont travaillé sur des projets personnels ou fictifs, s’enthousiasme Valentine. Il y a une vraie dynamique qui se dégage ! 50 % du groupe s’est dit ouvert à entreprendre à long terme et parmi eux deux ou trois, qui n’avaient pas d’idée au départ, se sont pris au jeu et veulent se lancer.” 

Plus largement, en dehors de l’UBM, l’envie de porter les idées innovantes des étudiants est aussi l’affaire d’Ubee Lab, l’incubateur de projets de l’Université de Bordeaux. Au cours des deux premières années, le laboratoire a accompagné pas moins d’une centaine de néo-entrepreneurs. Et si le prochain c’était vous ?  

Une information globale pour ceux qui veulent y aller “piano-piano”

Pour rassurer les plus minutieux, désireux de connaître le monde de l’entrepreneuriat dans ses moindres détails, les agents du service d’accompagnement étudiant leur ont concocté un catalogue en ligne. Simple d’utilisation, l’interface propose différentes rubriques thématiques pour ceux qui ne sauraient pas par où commencer. Parmi les 19 onglets, celui dédié à l’emploi recense une bonne partie des ouvrages qui aideraient n’importe quel novice en quête de monter sa propre entreprise. De “L’ABC du créateur d’entreprise” à 50 étapes pour créer sa petite entreprise : Stratégie, structure juridique, business plan…comment bien démarrer pour réussir ?” en passant par “Auto-entrepreneur 2016/17”, ils ont élaboré une liste – non-exhaustive il est vrai –  sur laquelle les étudiants pourront facilement s’appuyer au cours de leurs premières démarches administratives. Consultable en ligne, une partie des ouvrages peut également être feuilletée dans les locaux de la DOSIP qui, malgré le confinement et la crise sanitaire, reste ouverte sur rendez-vous (1). 

Comme il est difficile de conjuguer vie étudiante, charge de travail, programme de loisir et télétravail dans le contexte de pandémie, un guide complet pour aider les Isiciens à mieux appréhender le travail à la maison a récemment été publié. Dans une volonté commune, la DOSIP a mâché le travail des néo-entrepreneurs souhaitant fonder leur propre entreprise grâce à son portail d’orientation . La plateforme regroupe plusieurs dizaines de rubriques et fait la part belle à l’actualité indispensable à la vie étudiante. Concernant l’entrepreneuriat, quatre sous-catégories ont été pensées : “Les différentes étapes”, “Jeunes entrepreneurs”, “Co-working & annuaires d’entreprises” et “Concours, prix, outils & vidéos” et renvoie à une quarantaine de sites. Des annuaires d’entreprises et le détail des aides qu’il est possible de percevoir des organismes et l’actualité des concours hors université y sont consultables sous forme d’articles ou de vidéos.

Résumé des étapes clés

Le télétravail vous a grillé quelques neurones et vous n’avez pas tout cerné ? Voici quelques lignes qui devraient vous permettre de tout remettre dans le bon ordre. Lorsque l’on est novice, il faut d’abord prendre connaissance des informations générales grâce au catalogue en ligne puis des démarches à suivre via le portail d’orientation . Pour les plus déterminés, il est possible d’aller plus loin grâce à la certification « sensibilisation à l’entrepreneuriat », qui permet de recueillir des conseils avisés de la part de professionnels. Avantages et inconvénients soigneusement pesés par les entrepreneurs en devenir, ceux-ci peuvent ensuite candidater pour obtenir le Statut National d’Étudiant-Entrepreneur (SNEE)  grâce au soutien de la DOSIP. En espérant que toutes ces informations vous soient utiles et que cet article marque le début de votre grande aventure dans l’entreprenariat !

Camille Constant et Agathe Salat,
Étudiantes en master Stratégie et Politique de communication.

 

(1) Le service de la DOSIP, situé dans le bâtiment d’accueil, est ouvert sur rendez-vous les lundis de 14 à 17 heures, les mardis et mercredis de 9 à 17 heures, les jeudis de 9 à 18 heures et les vendredis de 9 à 12 heures. Renseignements auprès du personnel au 05 57 57 45 00 ou à dosip@u-bordeaux-montaigne.fr.